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Le modèle de la BBC est-il transposable en France ?

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J'étais invité ce matin à France Culture par l'équipe de la matinale pour répondre aux questions de Guillaume Erner à propos des réformes prévues de l'audiovisuel public. 




La question faisait les gros titres du Libé : les préconisations du ministère pour économiser des sous dans ce domaine auraient dû être présentées ce jour, mais une piste de travail particulièrement drastique avait fuité entretemps dans le Monde, ce qui avait bousculé le calendrier des annonces.

Dans cet entre-deux, on invitait donc le sociologue des médias pour creuser un peu la question. Cinq minutes, c'est court, d'où l'envie de coucher sur le blog tout ce qu'il m'a été impossible de dire ici.

D'abord, un grand merci à Guillaume Erner, ainsi qu'à ses journalistes, Elodie Piel et Pauline Petit, pour leur accueil chaleureux et leur aide précieuse pour que mon intervention se passe au mieux. 

L'angle choisi pour la discussion, "le modèle de la BBC est-il transposable en F…

L'amour du Père Macron

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Cette année le 14 juillet tombe à la mi-octobre. À la fin d'un weekend quasiment estival, le moment médiatique tant attendu est arrivé. Le président a parlé en direct aux français sur TF1 devant trois vedettes de TF1 et LCI, David Pujadas, Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau, à l’heure de grande écoute, le dimanche 14 octobre au soir.

Ce fut la parole d'un chef. Celui que les urnes ont choisi en mai dernier et qui entend bien, il l'a bien fait entendre en début d'interview, prendre tout le pouvoir donc il dispose. Et sans être d'accord avec tout ce qu'il propose, on est forcé d'admettre que oui, si l’on prend la cinquième République pour l’institution monarchique qu'elle est effectivement, alors Emmanuel Macron est bien censé se comporter comme cela. L’homme qui entra en politique sous le parrainage de François Hollande ne se comportera pas comme lui ; il ne sera pas le bon copain, modeste et normal, qui laissait vacant le trône du chef.


L’interview dé…

Au musée de la sédition

Que reste-t-il de l’insurrection de Paris d’août 1944 ?

L’été parisien a quelque chose d’unique au monde. Dans cette France centralisée, où la petite Ile de France concentre les richesses, la population de la capitale s’éparpille en vacances. Les touristes étrangers la remplacent, jusque parfois dans leurs habitations avec le boom d’Airbnb. Du coup, il est difficile pour le parisien de 2017 d’imaginer qu’il y a 73 ans, ses maigres aïeuls dressèrent des barricades, puis acclamèrent l’arrivée des blindés de la 2ème DB à quelques rues de chez lui. Ce coup d’œil en arrière est pourtant de circonstance, moins pour l’anniversaire en lui-même qu’en raison du contexte. Les dernières présidentielles furent très « anti-système », un slogan séditieux s’il en est. Comment se déroule une révolte, lorsqu’elle est un peu plus qu’un slogan ? Qu’est-ce qui fit se lever les barricades, au cours de cette semaine du 19 août ?
Bref rappel historique : Américains et Britanniques ont débarqué en Normandie de…

L’urgence comme gouvernail

En généralisant l’état d’urgence, l’exécutif restreint notre droit à choisir le futur. Lorsque les médias ont annoncé l’assaut contre les locaux de Charlie Hebdo, je n’ai rien ressenti de particulier. Et pour cause : j’étais dans le métro, en route vers mon travail, sans smartphone. Je n’étais pas au courant. Une fois à destination, je me dirige jusqu’à ma salle de cours. Et là, vent de panique : les étudiants, affolés par la nouvelle, m’apprennent ce qu’il en est. En ouvrant la porte de la classe, j’avais franchi le court interstice qui sépare la routine de l’événement. Il fallait aménager l’ordre du jour, prendre en compte l’émotion du public : c’était l’état d’urgence. Situation impérative, où la représentation qu’on peut se faire du futur est suspendue à l’annonce d’un dénouement plus ou moins proche. Une condition d’incertitude, où les personnes dépositaires de l’autorité jouissent d’une aura inhabituelle. Mes étudiants, déjà plutôt gentils d’habitude, m’ont paru ce jour-là d’un…

Antisystème, le flou qui cache un loup

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Et si la présidentielle 2017 s'était fait sur le dos d'un ennemi imaginaire?
Le Pen, Mélenchon, Hamon, Fillon, Asselineau, Poutou et consorts n’ont de cesse de vilipender le système, ce bouc émissaire au contour flou. Partons à sa recherche, car l'animal est sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Aux États-Unis, Donald Trump le combat activement, lui qui a été porté au pouvoir avec la promesse de le tailler en morceaux. En Europe, le «système» a été chassé d'Espagne, puis de Grèce, par Podemos et Syriza, dont il a tout de même réussi à faire échouer la politique.

On l'aurait vu dernièrement, en Grande-Bretagne, ferrailler contre les partisans du Brexit. Sa défaite l'aurait poussé à franchir le Channel pour faire une brève halte en France, le temps d'une élection présidentielle. Mais là, malheureusement pour lui, il n'avait aucune chance: tous les prétendants à la magistrature suprême avait promis de lui faire rendre gorge. Une fois Emmanu…

Macron-Le Pen : la stratégie du kamikaze

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J’ai eu hier le plaisir effrayant d’être invité dans trois médias audiovisuels. Un taxi est venu me chercher à 6h pour participer à la matinale de France Info, puis j’ai répondu aux questions d’un journaliste de M6 pour un reportage, et je suis retourné à Radio France à 13h pour répondre aux questions d’Alain Passerelle au journal de 13h de France Inter. Une journée dont tu ressors la tête creuse, trop fatigué pour faire quoi que ce soit de productif dans le restant d’après-midi. Le quart d’heure wharolien.

Le débat de second tour avait lieu le soir même, les journalistes cherchent des spécialistes pour parler du sujet. En tombant sur mon interview au Monde,  ils ont vu que j’ai fait aux PUG un bouquin sur les débats TV. Un peu de boulot en amont pour replonger dans le sujet, et éviter les banalités d’usage sur « l’importance de ce rendez-vous politique » sur lequel, en plus, je n'ai pas travaillé ! Moi, j'avais bossé sur "Mots Croisé", la petite émission de seconde …